Montée de lait de soya
ATTENTION : Ce que vous allez lire comporte des affirmations pleines de jugements de valeur, mais en fait ce ne sont pas des jugements de valeur, mais des opinions émises dans la plus stricte objectivité de mon point de vue.
Il semble bien que, peu importe le système politique en place, la musique populaire de tous les pays se ressemble et flirte toute avec le même sucrage, la Chine en est la pénible preuve. En Chine, il y a une immense scène musicale, qui n’a pas à rougir de la scène américaine. C’est vrai. Il y a un immense réseau d’artistes en tous genres.
Le problème, c’est que la plupart sonnent faux, faux fini. Du moins, c’est ce que propose la télévision: des spectacles à grand déploiement qui sonnent creux. Des chanteurs et chanteuses pour adolescentes qui rechantent les mêmes chansons d'amour avec un air mélodramatique affecté. De fausses blondes et des pseudorockeurs qui se joignent à un groupe de danseurs qui déroulent une chorégraphie trois fois recopiée et d’un simplisme gênant. Un orchestre composé de soldats et soldates qui se répandent mécaniquement en chansons joyeuses. De jeunes garçons qui se lancent avec hésitation dans un hip-hop douteux. Des téléréalités qui se passent de commentaires… Et des spectateurs tous assis exactement de la même manière et qui applaudissent presque comme des béni-oui-oui. Et en plus, vue de l’extérieur, on a une impression accrue de vaine parade et de gimmick. En fait, je vais le dire (!), en Chine, il y a beaucoup beaucoup de très bons chanteurs, mais très peu d’artistes… ! Je suis dur, hein ? Je vous avais avertis : mon objectivité sentait le besoin d’exprimer cette petite montée de lait…
Cela dit, il y a tout un pan de la scène musicale qui me semble plus intéressant : l’opéra de Pékin, la musique traditionnelle de chacune des 55 minorités ethniques (qui ressemble quelquefois étrangement à la musique amérindienne…), la scène musicale alternative (que je ne connais d’ailleurs absolument pas, mais qui doit receler de brillants artistes), les orchestres symphoniques qui intègrent certains instruments traditionnels chinois et la très belle musique composée sur ces mêmes instruments traditionnels, notamment le erhu et le pipa.
L’opéra de Pékin est le style de musique le plus particulier de Chine. Au premier venu, dont je suis, c’est… spécial, voire insupportable: une voix nasillarde, des personnages déguisés et maquillés à l’extrême, un rythme musical saccadé, des percussions assourdissantes et des mimiques à n’y rien comprendre. Mais en fait, l’opéra de Pékin, ce n’est pas seulement de la musique, c’est du théâtre, c’est de la danse, c’est de l’acrobatie. De plus, les histoires qu’on y conte sont tirées du folklore chinois ou des événements historiques. C’est en fait très intéressant d'un point de vue culturel, et les lignes mélodiques finissent par se laisser apprécier. À ce sujet, vous pouvez voir ou revoir l’excellent film Adieu ma concubine. Et voici un extrait d’un opéra :
http://www.56.com/u34/v_MTg1ODk1ODM.html
Il y a beaucoup d’instruments de musique chinois. Je vous en présente seulement un : le erhu. Il s’agit d’un instrument à cordes frottées, comme le violon. Voici une très belle et très vivante pièce intitulée Sai ma (« La course des chevaux ») :
http://www.56.com/w62/play_album-aid-7605012_vid-NDU0ODMwMTk.html
Et finalement, voici une chanteuse très populaire à classer dans la musique du monde ou dans le new age. C’est un vrai petit trésor… C’est la première musicienne chinoise contemporaine à avoir remporté un succès international. Elle s’appelle Dadawa. Dans la chanson que je vous propose, elle s’inspire de la musique et de la culture tibétaine:
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