30
aoû.

L’architecture

Dans Général, 38 lectures

Cette ville est gigantesque. Parler de l’architecture de Tianjin est difficile tant elle y est diversifiée. En voici donc quelques aspects singuliers.

Parmi les Chinois, la ville de Tianjin est fameuse pour ceci: les bâtiments qui ont été construits à l’époque des concessions européennes (voir «Tianjin, qui es-tu?») sont abondants et bien conservés. On trouve notamment le quartier français, le quartier italien et le quartier anglais. «Les 5 grandes avenues», ou «Wu Da Dao», est le centre résidentiel de la concession anglaise. Ce quartier, dont les bâtiments sont âgés d’environ cent ans, est très visité par les touristes chinois. Des tours guidés en calèche ou en voiturette à pédales sont organisés. Cette ambiance quasi européenne est exotique pour les Chinois, mais l’est un peu moins pour les Occidentaux...

En plus des hutongs traditionnels, ces petits quartiers de petites maisons à un étage et à une pièce étalées dans un dédale de petites ruelles, on trouve dans les quartiers plus anciens ou dans les temples de ces beaux pavillons en briques rouges ou grises, ornés de tranquilles toits en tubes de terre cuite perpendiculaires et dont les coins s’élancent souvent vers le ciel en de belles courbes pourvues quelques fois de petits dragons ou autres animaux fabuleux. On peut rencontrer de ces pavillons ou de ces portes typiques à l’entrée des parcs, à l’entrée de certains quartiers, à l’entrée des temples ou encore sur la façade des bâtiments commerciaux. De plus, cette architecture traditionnelle est souvent côtoyée par des édifices tout à fait modernes.



Parmi les quelques constructions architecturales emblématiques de Tianjin, il y a l’hôtel Astor, construit en 1863. Il y a également une grosse horloge, qui fait partie intégrante du décor tianjinais et qui sert souvent de symbole pour présenter la ville, au côté bien sûr de la tour de TV et de l’oeil de Tianjin (que nous verrons plus tard...). Il y a aussi ce que les Tianjinais appellent l’Arc-de-Triomphe, simplement parce que ça ressemble à l’Arc-de-Triomphe de Paris. Vous rirez peut-être de cette comparaison impromptue, mais sachez qu’au Québec, nous n’avions rien de tout ça, ni Arc-de-Triomphe, ni monument de l’Indépendance...

Finalement, une des plus belles pièces architecturales de Tianjin est sûrement la «Maison de Chine» (ou «China House»). L’apparence est digne de l’architecte catalan Antoni Gaudi. C’est un splendide mélange entre art et architecture. Il s’agit d’une maison entièrement recouverte, décorée et enlacée de milliers de pièces de porcelaine, de vases et de statues. Il s’y trouve quelque 700 millions morceaux de céramique. Toutes ces pièces viennent des dynasties Ming (1368-1644) et Qing (1644-1912). Mais laissons les photos parler d’elles-mêmes.

Le gros tube qui serpente représente un dragon. Il se rend sur le toit et y dessine le mot «China», cela parce qu’il y aurait un lien entre l’étymologie de ce mot et la porcelaine.

Pour expliquer l’étymologie du mot «Chine», il y a plusieurs hypothèses. Premièrement, il est certain que le mot a été introduit par Marco Polo, qui a utilisé un mot perse («Cin), lequel est dérivé du sanskrit. Ensuite, les opinions divergent. Certains expliquent que ce mot proviendrait d’un ancien mot chinois qui désignait la porcelaine. Ce mot aurait fini par signifier le pays en lui-même. D'autres disent que ce mot indien dériverait du mot «Qin», en référence à l’empereur chinois, c’est-à-dire à celui qui unifia pour la première fois tous les royaumes chinois qui se faisaient depuis longtemps la guerre: Qin Shi Huang Di. Bien que cette hypothèse soit fort plausible et pertinente, elle ne semble pas tenir la route, puisque ce mot était utilisé par les Indiens avant même l’avènement de cette dynastie (221-206 av. notre ère)...  Lire la suite »

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08
aoû.

Absence

Dans Général, 75 lectures

 Pour l’étranger, l’exotisme d’un pays ne se mesure pas tant à ce qu’on y trouve, mais à ce qui est absent. Voici donc une liste de toutes ces choses qui, à Tianjin, brillent par leur absence.

Dans toutes les cuisines, ne cherchez pas le four, il n’y en a pas. Ce n’est pas utilisé dans la cuisine chinoise. En fait, à peu près tout est cuit au wok ou à la vapeur.

Il n’y a pas de cafés Internet. En fait, c’est faux, il y en a, mais ils viennent des États-Unis: les Starbucks Coffee. Avant, pour se réunir, boire quelque chose et placoter, les Chinois allaient dans les salons de thé, mais ces salons sont devenus dispendieux. Alors maintenant les Chinois se réunissent dans les petits restaurants.

Il n’y a pas de Pizzédélic! Il y a toutefois des pizzérias improvisées qui vendent d’étranges pizzas dont la sauce est constituée de ketchup et de mayonnaise et dont les ingrédients se résument à du maïs et des tranches de fromages industriels. Par ailleurs, les moins mauvaises pizzas se trouvent au Pizza Hut.

Les bébés, après quelques mois de vie, ne portent pas de couche. Et leurs pantalons n’ont pas de fond de culotte! C’est-à-dire qu’il manque un bout de tissu au niveau du fessier. Ainsi, les flots vont nu-fesse, ce qui a l’avantage de coûter moins cher, de gaspiller moins de couches et d’apprendre plus tôt la propreté à l’enfant.

Dans les toilettes publiques, souvent, il n’y a pas de toilette, il n’y a qu’un trou. Et souvent, il n’y a pas de porte devant le trou. Il faut donc laisser sa gêne de côté... Ainsi, il est courant d’apercevoir un gentil monsieur, tranquillement accroupi au-dessus de la «toilette», qui lit son journal et qui fume sa cigarette.

Il n’y a pas de blonds, pas de roux, pas d’yeux bleus, pas d’yeux pers, pas de cheveux verts, tout le monde est pareil ! C’est extrêmement difficile de reconnaître les visages. Ainsi, plus d’une fois, par mégarde et bien malgré moi, je me suis retrouvé avec une autre femme et avec un autre bébé sous les bras. Donc, maintenant, lorsque nous sortons, pour être bien certain de ne pas perdre femme et enfant, je n’ai pas d'autre choix que de leur faire porter un grand chapeau mexicain.

Dans le trafic, il n’y a aucun savoir-vivre. Les chauffeurs de tous les véhicules confondus font peu de cas de l’autre: on fonce à toute vitesse, on coupe sans vergogne et on klaxonne sans arrêt (même les vieillards et les femmes avec un bébé). Devant cela, on ne peut que ronger son frein. 

Encore dans le trafic, personne ne porte de casque (ni en vélo, ni en moto). Il n'y a pas non plus de siège pour enfant sur les vélos. Les enfants ou les autres passagers s'assoient directement sur le porte-bagages et se tiennent en équilibre d'une manière on ne peu plus décontractée. Il n'y a pas de banc de bébé dans les autos. Les bébés se trimbalent de bras en bras. Et finalement, il n'y a personne qui utilise les ceintures de sécurité qu’on trouve dans les autos, bien que cela soit obligatoire...

Il n’y a pas d’ivrognes qui errent et mendient dans les rues. Ils sont en prison (c’est des blagues). Il n’y a pas non plus de pushers dans les rues qui proposent quelconque psychotrope. Ils sont en prison ou ils ont été éliminés (ce n’est pas des blagues).

À l’hôpital, les secrétaires ne trouveront jamais votre dossier dans les filières. Pourquoi ? Parce qu’il n’y a pas de filières. Pourquoi? Parce qu’il n’y a pas de dossiers de client. Pourquoi? Parce que c’est vous qui devez apporter votre propre dossier.

De plus, à l’hôpital, il n’y a aucune intimité. Le médecin ne vous appelle pas dans son cabinet, tous les patients s’y trouvent déjà ! À votre tour, vous devez expliquer devant tout le monde vos problèmes de santé au docteur qui ensuite vous examine également devant tout le monde.

Enfin, la chose la plus exotique: il n’y a pas, à la télé, Tout le monde en parle, Bleu Nuit ou encore la Soirée du hockey. Je n’arrive pas à le croire ! Mais en fait je pense que c’est simplement parce que la saison n’est pas encore commencée... Lire la suite »

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25
juil.

À la soupe !

Dans Recettes, 90 lectures

Le gouvernement municipal de Tianjin a décidé de «nettoyer» la ville de tous ces vendeurs ambulants qui ne payent pas de taxes. Eh oui, tous furent bien étonnés d’apprendre que cette pratique est bel et bien illégale. Ainsi, les policiers sont venus dire à ces vendeurs de faire de l’air: « Allez ! Ouste !» Les policiers, pas fous, devaient sûrement rajouter : «Vous reviendrez quand on sera partis!». De fait, les gendarmes n’avaient pas tôt fait de tourner le coin que tous les vendeurs réapparaissaient et se réinstallaient, bien aises. Ce projet de «nettoyage» semble bien illusoire. Il y a des milliers de gens à Tianjin, et des millions dans toute la Chine, qui vivent ainsi. Ils ne peuvent s’arrêter du jour au lendemain... C’est leur gagne-riz.

Au cours d’une journée, ces vendeurs ambulants, remorquant souvent leur commerce à vélo, se passent le relais. Quand la matinée s’achève, les vélos-commerces du déjeuner laissent place à ceux du dîner et du souper. Ainsi, toute la journée, on peut trouver dans les rues de la bouffe pour tous les goûts: des pains chinois (petits pains cuits à la vapeur), des pâtés fourrés à n’importe quoi (je dis «n’importe quoi», dans le sens qu’il y en a de toutes les sortes, je ne dis pas qu’on met n’importe quoi dans les petits pâtés, c’est presque évident, tsé), du canard frit, du tofu, et bien sûr, des oreilles de porcs et les viscères du même porc présentées de manière on ne peut plus ragoûtante:

Et, dans les rues, à l’heure du souper, les barbecues sont à l’honneur ! On fait griller sur le charbon des brochettes d’un peu de tout: chou, champignon, tofu, agneau, porc, pain, poisson, piment fort, saucisse, bouquet de coriandre enveloppé d’une tranche de tofu, fève, aubergine, coeurs de poulet, etc. Le tout est enrobé d’une sauce piquante et saupoudré de cumin.

À Pékin, on peut trouver aussi des trucs un peu plus exotiques (peut-être plus pour étonner le touriste que pour manger d’ailleurs): hippocampes, scorpions, sauterelles et autres insectes, larves, etc. Et bon, pour ceux qui se demanderaient si c’est possible de manger du chien ou du rat en Chine, et bien il faut dire que oui, mais il faut aussi faire une distinction entre le nord et le sud. Au sud, on dit: « À Canton, on mange tout ce qui a quatre pattes, sauf les tables»... Au nord, manger du chien est aussi exotique et étrange que pour nous. Mais, paraît-il que si on veut manger du chien à Tianjin, il y a sûrement possibilité d’en trouver...

Mais bon, pour l’instant, voici quatre recettes de verdure, des recettes toutes simples et toutes bonnes:

Les trois fraîcheurs

Une aubergine de taille moyenne
Deux poivrons de taille moyenne
Deux patates de taille moyenne
Une petite gousse d’ail hachée
Une petite branche d’échalote
4-5 cuillères à soupe de béchamel chinoise (sorte de sauce soya assez épaisse, vous en trouverez facilement dans les marchés asiatiques)
Un anis étoilé (facultatif)

- Couper les trois légumes en moyens morceaux de forme hétéroclite.
- Bien faire cuire les aubergines dans l’eau 10 à 15 minutes.
- Dans l’huile chaude, faire revenir les poivrons pendant 5 minutes. Ils doivent être encore croquants. Réserver.
- Dans l’huile chaude, faire revenir l’échalote et l’anis.
- Y ajouter les patates. Rajouter de l’huile au besoin et bien faire cuire les patates. Ajouter un peu d’eau au besoin.
- Ajouter les aubergines, les piments, l’ail et la béchamel.
- Laisser cuire quelques minutes.
- Servir avec du riz blanc.


Piments forts frits

5 ou 6 piments bananes forts
50 à 75 ml de sauce soya
2 cuillères à thé de sucre
Huile

- Bien laver les piments. Bien les sécher. Ne pas les équeuter, ne pas les ouvrir.
- Dans une quantité suffisante d’huile chaude (environ 100 ml), déposer les piments.
- Laisser cuire environ 15 minutes sur un feu moyen-fort, en prenant bien soin de retourner les piments.
- Quand les piments sont bien ramollis, mettre de côté.
- Garder un peu d’huile dans le poêlon, y ajouter la sauce soya et le sucre, y ajouter les piments. Laisser cuire une minute.
- Servir avec du riz blanc.


Pois mange-tout à l’ail et à la sauce soya

300 grammes de pois mange-tout
Une gousse d’ail hachée
Sauce soya

- Bien laver le légume.
- Enlever le fil du pois mange-tout en cassant un bout et en tirant sur le fil.
- Dans l’huile chaude, faire revenir les pois mange-tout et l’ail pendant 5 minutes. Les pois doivent être encore croquants.
- Ajouter la sauce soya.
- Servir avec du riz blanc.


Noix de cajou et céleri

2 grosses branches de céleri très frais
Une poignée de noix de cajou très fraîches
Sel
Échalote (facultatif)

- Faire griller les noix de cajou sur un feu faible-moyen. Réserver.
- Couper le céleri en tranches, en diagonale. Faire revenir le céleri dans un peu d’huile chaude. Laisser cuire quelques minutes. Le céleri doit être cuit, mais encore croquant.
- Ajouter les noix et le sel.

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04
juil.

La faune et la flore (suite)

Dans Général, 129 lectures

La peinture traditionnelle chinoise s’apparente à la poésie chinoise en ce que le but est souvent de rendre la beauté d’un paysage simple. Les thèmes de prédilection sont souvent la lune, les montagnes, les fleuves, les oiseaux, les fleurs. Un poème court pour décrire une lune d’automne. Un tableau simple pour laisser parler quelques fleurs. La fleur qui est la plus représentée dans la peinture traditionnelle chinoise est la fleur de l’abricotier du Japon (le prunus mume). C’est une espèce d’arbre à cheval entre l’abricotier et le prunier.

Fleurs de prunier

En plus de se percher sur beaucoup de ces arbres fruitiers (pêchers, cerisiers, figuiers, prunier, etc.), les oiseaux de Tianjin s’abritent aussi dans les frênes velours, qui est en réalité l’arbre emblématique de Tianjin. Ainsi, des frênes velours, il y en a à profusion, versant en paquets leurs vertes samares.

Il y a aussi cet arbre que l’on voit abondamment et dont je voulais parler mais dont j’ignorais le nom. J’ai cherché son identité avec grande curiosité. Quand j’ai su le nom, j’ai été très déçu et j’ai décidé de ne pas vous en parler. Son nom est très plate, très courant, banal, c’est un platane commun. Pour exprimer bien clairement ma grande déception à son égard, je ne vais même pas mettre de photo!

Il y a également un arbre abondamment planté, pas nécessairement pour l’ornement, mais plutôt pour ses feuilles comestibles. En effet, les Chinois mangent les feuilles du cèdre de Chine (toona sinensis). Quand les feuilles sont sur le point de se dérouler, on coupe les branches de l’arbre et on récolte les feuilles. On les fait cuire avec des oeufs ou avec du tofu. Les feuilles du cèdre de Chine ont un goût léger de noisette.

Parmi les autres arbres qui font de l’ombre, l’été, à Tianjin, on trouve un arbre délicat et doux: l’arbre de soie. Ses feuilles et ses fleurs roses et blanches poussent tout en finesse, tout en précision. On l’appelle aussi l’arbre dormeur parce que ses feuilles, la nuit, se referment.

Et je veux vous parler d’un dernier arbre. Il n’y en a pas beaucoup à Tianjin, mais c’est un arbre qui vient de Chine. En fait, on devrait plutôt dire que les Chinois vivent sur le territoire de cet arbre, étant donné que cet arbre a vécu ici depuis plusieurs millions d’années... C’est un arbre très connu, c’est le ginkgo bilobé, ou l’arbre aux quarante écus.

C’est un arbre plein de talents. Il est extraordinaire à plusieurs égards. De par sa beauté, son antiquité et sa sexualité. Premièrement, le ginkgo bilobé est un véritable fossile vivant: c’est le plus vieil arbre connu. Et il est encore debout. Il existe depuis plus de 200 millions d'années. Ainsi, cet arbre a vu l’apparition, et la disparition, des dinosaures. Peut-être que le brontosaure, ce « monstre » végétarien, a dégusté les feuilles de cet arbre. De plus, chaque spécimen a une durée de vie incroyable. Certains ont plus de 2 500 ans.

Ses feuilles triangulaires, sans nervure centrale (contrairement à la majorité de toutes les autres sortes de feuilles) sont très jolies, et, à l’automne venu, elles se parent d’un beau jaune brillant.

La méthode de reproduction du ginkgo, qui est la seule espèce de sa famille, est aussi tout à fait unique: c’est un feuillu qui se reproduit en partie comme un conifère. Le ginkgo est un des seuls arbres dioïques (il y a des plants femelles et des plants mâles). Le plant femelle du ginkgo ne fait pas de fleur, ni de graine, ni de fruit, seulement de gros ovules (qui ressemblent à des fruits). Celles-ci vont attendre la semence du plant mâle et vont germer dès le moment de la fécondation.

Dans les villes, en Occident, le ginkgo est souvent utilisé comme arbre ornemental. Normalement, on ne plante que des plants mâles, parce que l’ovule orange de la femelle dégage une odeur franchement désagréable, ce qui est une autre caractéristique de cet arbre d’un autre temps, mais présentement très en vogue dans la médecine chinoise et dans la médecine alternative... Lire la suite »

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